Violences contre les soignants : les chiffres de l’ONVS 2025

L’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) publie les signalements de violences déclarés par les établissements de santé et les libéraux. Son rapport 2025, qui porte sur les données 2023 et 2024, dresse un état des lieux précis, avec des limites qu’il faut connaître pour bien le lire.

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Deux soignants et un formateur échangent avec une visiteuse dans un service hospitalier
Les signalements à l’ONVS concernent d’abord les soignants au contact des patients et des proches. Visuel généré à titre d’illustration.
L’essentiel

Ce que vous allez retenir

  • 20 961 signalements en 2024, en hausse de 6,7 % sur un an.
  • Infirmiers et aides-soignants représentent environ 90 % des professionnels de santé victimes.
  • La déclaration est volontaire : la violence réelle est largement sous-estimée.

Les chiffres clés du rapport ONVS 2025

Le rapport de l’ONVS 2025, publié en septembre 2025 par la direction générale de l’offre de soins (DGOS), porte sur les signalements des années 2023 et 2024.

  • 20 961 signalements d’atteintes aux personnes et aux biens en 2024, contre 19 640 en 2023 (+6,7 %)
  • 556 établissements déclarants en 2024, contre 473 en 2023 (+17,5 %)
  • 88 % des signalements de 2024 concernent des atteintes aux personnes
  • 27 712 victimes recensées en 2024

Depuis 2023, les professionnels libéraux peuvent aussi déclarer : ils représentent 665 signalements en 2024, soit 3,2 % du total. Les établissements publics restent la principale source : 352 établissements publics ont déclaré 18 206 signalements en 2024.

Quelle est la gravité des violences signalées ?

L’ONVS classe les atteintes aux personnes en quatre niveaux. En établissement, les insultes et les violences physiques représentent à elles seules plus de 80 % des signalements.

Atteintes aux personnes signalées par les établissements (rapport ONVS 2025)
Niveau20232024Évolution
Niveau 1 — insultes, injures6 6967 291+9 %
Niveau 2 — menaces2 2662 480+9 %
Niveau 3 — violences physiques7 7348 499+10 %
Niveau 4 — violences avec arme et faits les plus graves569552−3 %

Le rapport mentionne aussi environ 30 viols et 130 agressions sexuelles signalés chaque année, surtout en psychiatrie, en EHPAD et aux urgences. Les atteintes aux biens, elles, sont en baisse de 12 % en établissement.

Quels services sont les plus touchés ?

La psychiatrie concentre 30 % des signalements en 2024. Viennent ensuite la médecine, chirurgie et obstétrique (25 %), les établissements sociaux et médico-sociaux (13 %, dont 1 926 signalements en EHPAD), les urgences (11 %) et les unités de soins de longue durée (8 %).

Aux urgences, les insultes et injures (niveau 1) prédominent. En moyenne, 36 % des signalements sont attribués par les déclarants à des troubles psychiques ou neuropsychiques de l’auteur ; ils sont liés à 56 % des violences physiques. Ces situations appellent une réponse clinique et d’équipe, pas seulement une réponse de communication.

Qui sont les victimes ?

En 2024, 10 619 infirmiers et 7 849 aides-soignants figurent parmi les victimes, ainsi que 1 492 médecins. Infirmiers et aides-soignants représentent environ 90 % des professionnels de santé victimes et 65 % de l’ensemble des victimes. Les femmes sont très majoritairement concernées.

Environ 90 % des signalements ne donnent lieu à aucune démarche complémentaire, ni plainte ni main courante. En 2024, 253 professionnels ont eu un arrêt de travail à la suite d’une violence signalée.

Qui sont les auteurs et pourquoi ?

Les patients ou résidents sont les auteurs de 72 % des violences signalées en 2024, les accompagnants, visiteurs ou familles de 16 %. Les professionnels de santé sont en cause dans 3 % des cas.

Le premier motif est le refus ou la contestation : refus d’une prescription, d’un arrêt de travail, contestation d’un diagnostic (5 776 cas en 2024). Suivent le non-respect des règles de vie, comme le tabac ou les visites (4 236 cas), et les mésententes (2 095 cas). Le rapport cite aussi l’alcool, les stupéfiants et le temps d’attente, notamment aux urgences, parmi les facteurs favorisants.

Ces motifs montrent l’enjeu de la communication au moment d’un refus ou d’une attente. Nos articles sur le patient agressif et sur les familles en colère proposent des repères concrets.

Comment lire ces chiffres : les limites de l’ONVS

Les chiffres de l’ONVS ne mesurent pas toute la violence vécue par les soignants. Le rapport en précise lui-même les limites :

  • La déclaration est volontaire. Seuls 556 établissements ont déclaré en 2024, pour près de 3 000 établissements de santé.
  • La sous-déclaration persiste, en particulier dans le secteur libéral et le médico-social.
  • Les données sont incomplètes : des signalements étaient encore en cours de saisie à la clôture.
  • Le questionnaire a changé en 2023 : la comparaison avec les années antérieures est fragile. Le rapport précédent portait sur 2020 et 2021, années marquées par la crise sanitaire.

Une hausse des signalements peut donc refléter à la fois plus de violences et une meilleure déclaration. Ce qui est certain : les chiffres officiels sont un plancher.

Ce qui a changé avec la loi du 9 juillet 2025

La loi n° 2025-623 du 9 juillet 2025 renforce la sécurité des professionnels de santé. Elle aggrave les peines encourues pour les violences commises contre les professionnels de santé et les personnels des établissements de santé, médico-sociaux, officines et cabinets. Elle étend le délit d’outrage aux professionnels de santé.

Elle permet aussi à l’employeur de porter plainte à la place de la victime, avec son accord écrit ; pour les libéraux, ce rôle revient aux ordres professionnels. Cette mesure répond directement au constat de l’ONVS : la grande majorité des violences signalées ne donnent lieu à aucune plainte.

Que faire de ces chiffres dans votre établissement ?

Les chiffres nationaux aident à convaincre ; ils ne disent pas ce qui se passe dans votre service. Trois actions concrètes :

  1. Faciliter le signalement : un circuit simple, connu de tous, avec un retour à la personne qui signale.
  2. Analyser vos propres situations : moments, lieux, motifs récurrents, en particulier les refus et les attentes.
  3. Former les équipes ensemble, sur des scènes issues de leur service, avec des rôles clairs : qui parle, qui sécurise, qui alerte.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’ONVS ?

L’Observatoire national des violences en milieu de santé recueille, sur la base du volontariat, les signalements de violences des établissements de santé et, depuis 2023, des professionnels libéraux. Il dépend du ministère chargé de la Santé (DGOS).

Où télécharger le rapport ONVS ?

Les rapports sont publiés sur la page rapports annuels de l’ONVS du ministère chargé de la Santé.

Les violences augmentent-elles vraiment ?

Les signalements augmentent, mais le nombre de déclarants aussi. L’ONVS invite à la prudence : la hausse traduit en partie une meilleure déclaration.

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Notre formation à la gestion de l’agressivité en milieu hospitalier s’appuie sur les situations réelles de vos services. Pour une vision d’ensemble, consultez le guide Culture de protection ou décrivez votre projet.

Sources et repères

Sources consultées le 5 octobre 2026. Les exemples sont fictifs et proposés par MB Académie pour préparer un échange ou un exercice de formation.

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À propos de l’auteur
Alison MichotFormatrice · Intervenante hospitalière

Issue du milieu psychiatrique et médical, Alison accompagne les équipes sur la gestion des tensions et l'adaptation en contexte sensible. Son approche allie posture soignante, désescalade et repères opérationnels immédiatement activables sur le terrain.

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